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Myriam Beaudoin...
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Les livres :
Un petit bruit sec
Hadassa
Myriam Beaudoin, jeune auteure originaire
d'Aylmer, est née en 1976. Son père étant
diplomate, elle a vécu son enfance au Rwanda
et au Mali. Elle a fait des études de lettres
françaises et de langue espagnole. En 2003, cinq
ans après la mort de son père, elle publie
un premier roman émouvant, fort et surprenant,
Un petit bruit sec. Dans son second roman,
Hadassa, qui sort à l'instant, elle
nous fait profiter de la proximité qu’elle
a eue avec la communauté hassidique d’Outremont.
Dans la première partie du roman
Un petit bruit sec, la narratrice, avec en
toile de fond l’enfance africaine, raconte la
mort lente de son père, décédé
d'un cancer des poumons. L'auteure réussit, avec
grand talent, à faire vivre le drame derrière
ce rideau, que nous voulons dresser devant nos yeux,
lors d'un décès, afin peut-être
de simplement nous protéger.
Myriam Beaudoin invite à la lecture
de la correspondance à sens unique de Lucia,
la narratrice, avec son père décédé.
Elle cherche ainsi à le retenir pour l'empêcher
de partir tout à fait, parce qu'elle refuse que
son père ne devienne qu'un souvenir, qu’une
simple pierre au cimetière ou encore, quelqu'un
qui sera oublié. Elle lui écrit pour se
confronter à cette disparition, elle revient
ainsi sur la maladie, l’enterrement et la famille.
Elle lui écrit pour que la mort ne se dresse
pas entre eux, pour que son père reste toujours
auprès d’elle.
Dans Un petit bruit sec, l’auteure
nous fait littéralement vivre la mort, en nous
en épargnant tous les clichés. Malgré
le sérieux et la gravité du sujet, l'écriture
reste épurée et sobre. C'est plutôt
la simplicité et le réalisme du style
de Myriam Beaudoin qui accrochent, qui viennent éveiller
chez le lecteur les souvenirs de cette mort, la mort
du père et le deuil impossible que nous souhaitons
tous un jour ne jamais avoir vécus.
Pour son second roman Hadassa,
publié chez Leméac, sorte de docu-fiction
qui témoigne d’un sens de l’observation
et d’une sensibilité remarquables, l’écrivaine
s’est inspirée de son expérience
d’enseignante de français dans une école
juive orthodoxe.
Alice, une jeune femme libre qui a grandi
en Afrique, qui vit sur le Plateau et qui vient de terminer
une maîtrise en lettres, s’improvise institutrice.
Elle se retrouve dans une classe de petites filles hassidiques
d’Outremont, qui ont onze et douze ans. Du jour
au lendemain, Alice bascule dans un autre monde. Elle
s’interroge sur la façon de percer le mur
des différences et des apparences et d’approcher
la culture et la religion de l’autre. Elle se
demande comment atteindre l’autre sans le blesser,
sans le juger, avec respect, avec amour.


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