Stéphane Bourguignon (suite)...


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Les livres (suite) :

L’avaleur de sable
Le principe du geyser
Un peu de fatigue

Suite de L’avaleur de sable, Le principe du geyser est une réflexion sur la vie de couple et ses difficultés. Julien, le personnage central, fait le bilan de sa relation avec celle qui l’accompagne depuis quatre ans. Il s’est assagi, au cours de cette période, où il a connu plus de hauts que de bas. À l’emploi d’une fruiterie, il est devenu père de famille et il s’occupe de son petit garçon. Mais à la faveur de l’été, sa compagne, propose à Julien de prendre, à tour de rôle, une semaine de vacances en célibataire, dans un cottage sur le bord de la mer. Comment réagira Julien à cette liberté soudaine? C’est alors qu’il agira selon le principe du geyser. Dans l’épilogue, Julien se retrouve dans un parc de la ville en compagnie de son fils et de quelques-uns de ses petits amis, espérant nouer une relation solide et intime avec lui.

Un peu de fatigue s'inscrit, d'une certaine manière, dans la suite du roman précédent, dans la mesure où la crise d'Édouard permet d'explorer encore le rapport père-fils. Au lieu des interrogations de Julien sur son rapport à son père, les méditations d'Édouard portent ici sur son rapport à son fils Maxime. Édouard est peut-être plus mûr que Julien, mais c'est un égocentrique qui croit que sa douleur, ses blessures, son désarroi doivent avoir préséance sur tout le reste, y compris les émotions des gens de son entourage. Ses facultés d'auto-analyse, d'autocritique ne sont pas très développées. Édouard est déçu de ses contemporains et il trouve une incarnation de la source de ce désabusement dans son propre fils. Il voudrait être un sédentaire, un homme de famille, mais il n'en est tout simplement pas capable, à cause de toute son enfance, de son rapport problématique avec son propre père, de son rapport avec sa mère qui fout le camp, de son rapport avec Betty, son amour de jeunesse, qui disparaît aussi d'une certaine manière. Les personnages sont hantés par quelque chose d'avorté. Mais à la différence de Julien, inconsolable de la mort de Florence dans L'Avaleur de sable, c'est une accumulation de deuils, de petites tragédies qui hantent Édouard. Plus le roman se déploie, plus il est possible de se rendre compte de la complexité du problème.

Les situations décrites dans les trois romans de Stéphane Bourguignon sont actuelles et les dialogues sont percutants. L'auteur utilise un langage de la rue, assez cru, qui rend le style incisif, juste ce qu'il faut pour bien saisir les propos et les pensées des personnages, dont le naturel et la spontanéité ne sont pas sans nous marquer. En plus de métaphores agiles et efficaces, le romancier se sert de comparaisons inimaginables qui font d'un mot mille images, nous donnant ainsi davantage l'impression de voir un film que de lire une histoire.

Si vous avez religieusement regardé les 39 épisodes de La vie, la vie avec délectation et jubilation, sachez que L'Avaleur de Sable, sa suite, Le Principe du geyser, et Un peu de fatigue ne sont rien d'autre que la genèse de votre demi-heure de plaisir hebdomadaire perdue depuis la fin de la série.

Bonne lecture!


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